Vol à l’étalage : protéger nos commerçants grâce à des outils numériques encadrés

En 2024, plus de huit commerçants sur dix ont été victimes de vols à l’étalage, un chiffre en hausse constante. Face à la recrudescence des vols dans les commerces, nous ne pouvons pas rester spectateurs. C’est dans cet esprit que j’ai déposé le 24 janvier, avec plusieurs de mes collègues, un amendement adopté à l’Assemblée nationale visant à expérimenter l’usage de traitements algorithmiques sur les images issues de la vidéoprotection, dans les établissements particulièrement exposés aux risques de vol.

Traitements algorithmiques : une expérimentation strictement encadrée

Cet amendement autorise, à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2031, l’utilisation d’outils algorithmiques pour analyser en temps réel les images collectées par des systèmes de vidéoprotection déjà autorisés.

Objectif unique : détecter des événements prédéterminés susceptibles de révéler un risque de vol, et permettre une intervention rapide et proportionnée.

Il ne s’agit pas de généraliser une surveillance intrusive.

Il s’agit de rendre les dispositifs existants plus réactifs et plus efficaces.

Aucune reconnaissance faciale, aucun traitement biométrique

Le cadre juridique est clair et strict :

  • Respect intégral du règlement général sur la protection des données (RGPD) ;
  • Application de la loi Informatique et Libertés ;
  • Exclusion totale de la reconnaissance faciale et des données biométriques ;
  • Limitation aux seuls critères objectifs liés au risque de vol.

Les traitements ont pour seule finalité l’alerte en cas de situation suspecte. Ils ne visent ni à identifier les personnes, ni à constituer des fichiers.

L’expérimentation fera l’objet d’un contrôle renforcé, notamment par la CNIL, et devra être évaluée avant toute éventuelle pérennisation.

Une réponse pragmatique à un phénomène en hausse

Aujourd’hui, les systèmes de vidéoprotection sont souvent utilisés a posteriori, une fois le vol commis. L’enjeu est désormais d’agir en amont, par une détection précoce des comportements à risque, afin de dissuader et d’intervenir plus rapidement.

Des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas ont déjà déployé des dispositifs comparables, avec des résultats significatifs en matière de baisse des vols dans les zones équipées.

Protéger nos commerçants, c’est protéger l’activité économique locale, l’emploi, la vitalité de nos centres-villes et la sécurité des clients.

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